Ce
chapitre a été écrit en grande partie par Bertrand Stalla-Bourdillon
Léonie Bourdillon se marie en 1876 à 20 ans avec Antoine Stalla qui a une
affaire de négoce et de courtage en huiles. Cette famille est à l’origine de la
branche Stalla-Bourdillon, car Antoine Stalla obtiendra l’autorisation de
joindre à son nom celui des Bourdillon.
Emmanuel, le frère de Léonie épouse Blanche Stalla, sœur d’Antoine. Ce double
lien rapproche définitivement les Bourdillon des Stalla
*
*
*
6.2-1 La Branche Stalla-Bourdillon
Cette
Branche est née du rapprochement entre deux familles : celle des Stalla et celle
des Bourdillon : mariage d’Antoine Stalla ( 1844- 1918) et de Léonie Bourdillon
(1856-1931).
« La
famille Stalla est originaire de Laigueglia près de Gènes. Ce sont
des marins comme la plupart des Génois. La grand-mère d’Antoine Stalla est une
Prève, fille du fameux Canosso qui pour défendre son bateau attaqué par un
chebec turc n’hésite pas, étant à court de munitions, à charger ses canons avec
ses écus d’argent pour donner à l’ennemi le dernier coup de grâce ».

Antoine Stalla épouse Léonie Bourdillon
« Léonie fille ainée de de Septime-Léon, née à Saint Pierre en 1856, est une
jeune fille de 18 ans en arrivant à Marseille. Elle se marie en 1876, à 20 ans,
avec Antoine Stalla né à Marseille le 30 mai 1844. Il avait une affaire de
négoce et de courtage en huile ».


« Ils s’installent à l’Etoile qui a 6
hectares et une vaste maison (22 chambres) à laquelle Antoine adjoindra
La Clairière dotée également d’une
grande maison).
Ils ont eu quatre enfants : Camille (un garçon), Marguerite, Léon, Jules.
Emmanuel (1859-1905), le frère de Léonie, qui est son plus proche parent vient
souvent la voir. "C’est là qu’il rencontre la sœur d’Antoine, Blanche Stalla
qu’il épousera ». Ce double mariage rapproche les deux famille : Stalla et
Bourdillon.

Antoine Stalla adjoint à son nom le patronyme Bourdillon
Antoine Stalla « après accord de son beau-frère et de sa belle-mère fait une
demande pour joindre à son nom celui de Bourdillon, ce qui accordée par la
Chancellerie par un décret du 5 février 1884. Cette branche sera celle des
Stalla-Bourdillon ».

Autorisation du Président de la République française d'ajouter au nom Stalla le patronyme Bourdillon
5 février 1894
En 1884, sévit une épidémie de choléra
Antoine Stalla-Bourdillon qui vit à Paris invite sa famille à quitter Marseille
pour se réfugier à Genève, la ville de leurs ancêtres. « Il se préoccupe
également de ses beaux-frères Léon Bourdillon et François-Charles (22 ans) qu'il
tente, en vain, de convaincre. Au total quinze personnes prennent le chemin de
Genève. Blanche y met au monde sa fille Camille Bourdillon. Par chance
l'épidémie s'arrête. Les quinze réfugiés regagnent Marseille. L'équipée a duré
trois mois. Pendant son absence, Antoine n'a pas cessé son activité de négoce.
Tout en prospectant en Suisse (Winterthur) et a Paris, il s'appuie pour les
affaires courantes sur Albert, un frère plus jeune resté à Marseille qui
maintient une permanence et le renom de l'affaire. La maison Stalla ne ferme
pas. Son image de marque en sort confortée ». « Les Stalla sont restés ».
Selon Vivy
« Emmanuel, troisième enfant de Septime-Léon, est né en I859 à Saint-Pierre, en
Martinique. Il quitte la Martinique quelques mois après la mort de son père,
avec ses frères Albert et Charles. Ils sont mis pensionnaires au collège des
Maristes à la Seyne, puis poursuivent leurs études au Lycée de Marseille. En
I880, il a vingt et un ans. Après avoir fait des études de droit, Emmanuel, se
lance dans le commerce de commission. Il affrète des navires. Il a en toute
propriété la "Luigia" un voilier qui fera le trafic de Marseille aux Antilles.
Il envoie aux Antilles des tuiles de Saint-Henri, du ciment, du vin, de la
bière, de l'huile d'olive, du savon, des biscuits de mer de Méry-Rougier, des
pommes de terre, des lentilles, des bougies, etc.... et en contrepartie il
reçoit du rhum, du sucre, du café, du cacao. Son bureau est au rez-de-chaussée
de la maison de sa mère, 67 Rue Saint-Jacques ».
En I883, il se marie avec Blanche Stalla, la sœur de son beau-frère Antoine. Ils
habitent eux aussi au deuxième étage de la rue Saint-Jacques. Ils auront cinq
enfants. Camille Bourdillon, la fille ainée est née à Lausanne en I884. En I887,
nait un fils, Laurent-Emmanuel Bourdillon, que l'on appellera Mano. Puis en 1889
une fille, Marguerite Bourdillon, qui deviendra plus tard Madame Tennevin.
Ensuite Laurence Bourdillon en I892 et Francis Bourdillon en I895.
En 1902, survient l’éruption de la montagne Pelée. Peu après le décès de Camille
Bourdillon, la famille est à nouveau frappée par une nouvelle épreuve, celle de
l'éruption du volcan de la Montagne Pelée à la Martinique dans la nuit du 7 au 8
Mai I902 et qui anéantit complètement la ville de Saint-Pierre. Vingt-six mille
habitants périrent, les bateaux dans le port brûlaient et coulaient les uns
après les autres. Le 20 Mai une autre éruption anéantit encore quelques villages
et deux mille victimes s'ajoutèrent à celles de la première éruption. Il n'y
avait plus de Bourdillon à Saint-Pierre, mais il y avait encore beaucoup de
parents du côté Basiège, Borde et Martineau. Du point de vue commercial, c'est
une grande perte. La santé d'Emmanuel en est très ébranlée, moralement il n'a
plus le tonus habituel à sa nature. L'hiver I905 il prend froid et se remet mal.
Il meurt le 23 Septembre de la même année.


Emmanuel et Albert Bourdillon
Fin I885, son frère Albert vient se joindre à lui dans ses affaires. Il vient de
terminer ses études d'ingénieur à l'Ecole Centrale à Paris.
Albert, quatrième enfant de Septime-Léon, est né le 24 Mai I860 à Saint-Pierre
Martinique. Après avoir été au collège de la Seyne il fait ses études au lycée
de Marseille, qu'il poursuit dans la classe préparatoire aux grandes écoles. A
cette époque sa mère habite encore au 6I Boulevard Notre-Dame. Il se présente à
l'Ecole Centrale des Arts et Manufactures et il est admis au concours en I882.
Après ses études, Albert s'associe avec son frère Emmanuel. Puis après la mort
de Mano, la société s'appellera "Albert Bourdillon et Cie". Elle travaille avec
la plupart des Antilles et plus tard avec l'ile Maurice et l'ile de la Réunion
en s'associant avec Monsieur Fernand Martin-Laval. Leur bureau sera au 34 Rue
Breteuil.
Il épouse Jeanne Clauzel en I895. La famille Clauzel est originaire de Laurens
dans le diocèse de Béziers.
Marcelin Clauzel le fils de Benjamin avait épousé Léonice Gastel, née à
Saint-Pierre en Martinique. C'était une amie intime de Camille Borde, épouse
Bourdillon. C'est ainsi qu'il y avait des liens d'amitié entre les familles
Bourdillon et Clauzel. Marcelin Clauzel, le père de Jeanne, acheta le
château de Villegeorge à Avensan dans le Médoc en I872. C'est là que la
femme d'Albert Bourdillon est née.
Albert Bourdillon et Jeanne Clauzel eurent quatre enfants :
- Marie, née en I898, célibataire
- Edith, née en I899, épouse Jean Domergue, ont trois enfants: Thérèse
(Madame Bardinet), Marie ( Madame Clauzel), Bruno (prêtre).
- Pierre, qui épouse sa cousine Pernette Bourdillon, Ils auront neuf
enfants.
- Marcelin, qui épouse Marie-Amélie Ménard et qui auront trois enfants.
Albert Bourdillon était chevalier de la Légion d'Honneur, juge au Tribunal de
commerce, Vice-Président du syndicat des exportateurs.
Albert était membre trésorier du conseil d'administration de l'institut
colonial. En I922 il rencontra à l'occasion de l'Exposition Coloniale de
Marseille, le Gouverneur de Madagascar, Ollivier. Ce dernier l'incita vivement à
s'intéresser à cette colonie et s'offrit à l'introduire auprès de français déjà
installés là-bas. C'est ainsi que la maison Bourdillon commença à travailler
avec Madagascar. Elle traite des affaires de graphites et des importations de
café. Lorsque brusquement en Janvier I927 Albert Bourdillon meurt d'une
congestion cérébrale.
De Jean-Antoine Stalla à Antoine Stalla
Retour sur cinq années d’aventures en pays de Provence et six siècles d’histoire
chez les Ligures et les Huguenots. » vu par
Yves Stalla-Bourdillon

Langueglia, en Ligurie,
s’était distinguée au XVIIIème siècle : « un millier de voiliers de 30 à 300
tonneaux venaient chaque année négocier leurs produits en rade de Langueglia ».
Les exploits de ses hardis navigateurs étaient chantés par les poètes en
particulier contre les galères turques.
Tout Stalla connaît l’exploit de Vincent Maglione, oncle par alliance du Canosso
(Laurent Prève). Au cours d’une bataille contre un chébec portant 20 canons
appuyé par une galère, n’ayant plus de mitraille (il ne lui restait que de la
poudre et six canons), « il charge ses canons avec les pièces d’argent que
contient sa cassette et tire une dernière bordée ». « Bien lui en prend… Il
arrache la victoire ! »
La fille de Laurent Prève : Marie-Antoinette Prève épousa Jean-Antoine Stalla
l’arrière arrière-grand-père d’Yves Stalla-Bourdillon
Laigueglia devient indépendante en 1794 et relève directement du Sénat de Gènes.
Les "ancêtres Stalla devenus fournisseurs des armées de la révolution française
réalisent de nombreux profits". Les guerres napoléoniennes vont cependant ruiner
Langueglia. L’audace des corsaires et armateurs n’a pas pu empêcher sa ruine.
Jean-Antoine Stalla, un valeureux marin de Laigueglia obligé de s’exiler
Jean-Antoine Stalla combat furieusement les anglais. Yves Stalla-Bourdillon
relate sa vaillance et sa générosité : « Un peu après la paix d’Amiens (1802)
monté sur une chaloupe armée par les marins de son bord, il sauve une frégate
anglaise de 30 canons porteuse d’un trésor en or de 3 millions et menacée de
perdition par la tempête. Il ne demande aucune récompense et, à la rupture de la
paix, reprend la lutte contre les anglais ». « Lorsqu’il n’écume pas la
Méditerranée, Jean-Antoine Stalla
retrouve au Palazzo Rosso son beau-père le Canosso et Augustin Maglione, son
oncle par alliance, ami de Bonaparte et membre du directoire de Gênes. »
Laurent Pascual Stalla, fils de Jean-Antoine Stalla, naît en 1806. Il est
français
Son deuxième fils Etienne nait après Waterloo
Jean-Antoine Stalla se réfugie en France à Marseille
Laurent Pascual Stalla perpétue le commerce familial en Méditerranée
Laurent Pascual s’engage à 14 ans comme mousse. Il deviendra capitaine-marin. Il
arme successivement cinq voiliers : un magnifique trois mats :
l’Etoile qu’il commande en 1839 et
l’aimable Emilie en 1839. Il s’impose
dans le commerce. Il faut dire qu’« A Gênes, Marseille et Langueglia, mais
également dans de nombreux ports méditerranéens, Laurent Pascual Stalla dispose
d’une foule de cousins exilés »
« Attaché à la navigation à voile où il excelle, Laurent Pascual refuse de se
reconvertir à la navigation à vapeur. »
II a cinq enfants : Antoine, Albert, Etienne, Jean-Baptiste et Blanche.
Il meurt en 1872
Antoine, l'aîné, a la charge de ses 4 frères et sœur. Il rencontre à Marseille
Léonie Bourdillon qui arrivait de Martinique. Son père Septime-Léon est mort.
Elle est l’ainée de 9 enfants.